L’importance du regard

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La domestication du chien a peut être aidé l’Homme moderne à prospérer au détriment des Néandertaliens.

Nous connaissons tous l’adage qui dit que “le chien est le meilleur ami de l’Homme”. Et nous avons tous entendu des histoires incroyables sur des chiens qui sauvent leurs propriétaires en les réveillant lors d’un incendie ou pour demander de l’aide après un accident. Quiconque a aimé un chien sait l’extraordinaire chaleur quasi inexprimable de la compagnie d’un chien et de son dévouement. Il se pourrait bien que les chiens aient fait beaucoup, beaucoup plus que cela pour l’humanité. Ils ont pu sauver non seulement quelques individus mais aussi des espèces entières alors que nous les domestiquions.

Une des énigmes classiques en paléoanthropologie est de savoir pourquoi les Néandertaliens ont disparu alors que les Hommes modernes ont survécu dans le même habitat et pendant la même période. (L’expression “Homme moderne” dans ce contexte fait référence à l’Homme qui était anatomiquement, sinon comportementalement, indiscernable de nous). Les deux espèces se chevauchent en Europe et au Moyen-Orient entre 45.000 et 35.000 ans, à la fin de cette période le nombre de Néandertaliens était en forte baisse alors que les Hommes modernes étaient en plein essor. Qu’est-il arrivé ?

Une étude étonnante qui tente d’éclaircir cette période décisive a été publiée récemment dans “Science” par Paul Mellars et Jennifer French de l’Université de Cambridge. Ils font valoir, sur la base d’une méta-analyse de 164 sites archéologiques datant de la période où les Hommes modernes et les Néandertaliens se chevauchent dans la région de la Dordogne au sud-ouest de la France, que la population de l’Homme moderne a grandi si rapidement qu’elle a surpassé les Néandertaliens en nombre absolu.

Comme tous les sites archéologiques de l’étude contenaient les restes clairement identifiables de l’Homme moderne ou de Néandertaliens, Mellars et Franch ont émis une hypothèse commune : les outils en pierre de tradition moustérienne trouvés sur ces sites ont été créé par les Néandertaliens, et ceux en pierre plus sophistiqués du paléolithique supérieur ont été fait par l’Homme moderne. Ce lien entre l’outil et l’outilleur est bien admis sur les sites contenant des restes d’hominidés, mais il n’y a rien d’inhérent sur l’origine d’un outil en pierre, même si vous trouvez un squelette à proximité. Pourtant les outils en pierre sont l’un des meilleurs indicateurs disponibles pour savoir quelle espèce (Homme moderne ou Néandertaliens) a occupé un endroit particulier.

Mellars et French ont comparé le nombre et la taille des Néandertaliens et des Hommes modernes retrouvés sur les sites archéologiques, ainsi que la densité des outils et le poids des proies au mètre carré, représentée par les fossiles. Ils ont normalisé leurs résultats sur une période de 1000 ans afin de compenser les quantités variables de temps d’occupation des sites. Les Hommes modernes ont surpassé en tous points les Néandertaliens. En fait, la grande réussite de l’Homme moderne était si évidente que, selon les calculs de Mellars et French, la population humaine s’est décuplée au cours de la période des 10 000 ans de chevauchement entre les deux espèces. Les Hommes modernes ont prospéré alors que les Néandertaliens vivaient dans leur habitat européen 250 000 ans avant leur arrivé. Pourquoi les Néandertaliens ne se sont ils pas mieux adaptés que les nouveaux arrivants ?

Il ne manque pas d’hypothèses. Certains penchent pour des changements climatiques, d’autres sur l’avantage des Hommes modernes qui utilisaient des armes de chasse plus avancées ou une meilleure cohésion sociale. A présent nombre d’études plus ou moins importantes s’accordent pour proposer une autre solution, ou du moins une autre hypothèse : la domination de l’Homme moderne aurait pu être en partie une conséquence de la domestication des chiens, peut être combinée avec une petite, mais essentielle, différence anatomique qui a permis aux Hommes modernes d’être en mesure de mieux communiquer avec les chiens.

Crânes et Âmes.

2012441243148999-2012-05MargShipmanFAJusqu’en 2009 on pensait que la domestication des chiens datait d’environ 17 000 ans, longtemps après la disparition des Néandertaliens. Mais alors Mietje Germonpré de l’Institut Royal Belge des Sciences Naturelles et ses collègues ont développé une méthode statistique rigoureuse pour identifier les crânes fossiles de canidés appartenant à des loups et des chiens, ces derniers se distinguant par leur museau plus court et plus large, comme leur boîte cranienne. L’équipe a utilisé cette technique pour identifier trois crânes de chiens domestiques datant du paléolithique. Le premier vient de la grotte Belge de Goyet et a été daté d’environ 32 000 ans.

Certains détracteurs de cette étude ont souligné la période intermédiaire de 15 000 ans entre ces crânes de chiens et les plus anciens specimens confirmés. Mais des découvertes récentes ont commencé à combler cette lacune et à donner du crédit à l’association entre les humains et les grands chiens. Au début de l’année 2012, l’équipe de Germonpré a publié une étude de neuf autres crânes de canidés, dont trois anciens représentant des chiens de Předmostí en République tchèque, un site datant d’environ 27 000 ans. Un autre crâne de canidé avec de nombreuses fonctionnalités canines a été récemment étudié par Nikolai Ovodov, de la branche sibérienne de l’Académie des Sciences de Russie, et son équipe. Il vient de la grotte de Razboinichya, en Sibérie, et est daté d’environ 29 000 ans. Bien que cette équipe n’a pas utilisé les mêmes puissantes techniques statistiques que le groupe de Germonpré, ils ont identifié le crâne de Razboinichya comme un chien “naissant”, un animal à un stade précoce du processus de domestication.

Aucun de ces crânes de chiens n’est daté de la période où l’Homme moderne et le Néandertaliens se chevauchaient, mais le processus de domestication a dû être en cours bien avant que le premier chien ne soit identifié dans le registre des fossiles. Le consensus qui se développe rapidement suggère que les chiens ont été domestiqués pendant la période où les Hommes modernes et les Néandertaliens vivaient en Europe. Jusqu’à présent, tous ces chiens primaires ont été retrouvés sur des sites d’Hommes mordernes. Plusieurs éléments de preuve indiquent que les chiens et les loups ont été particulièrement vénérés par les Humains.

L’un des chiens de Předmostí a été retrouvé avec sa mâchoire encore attaché à son crâne dans une position réaliste avec un morceau d’os coincé dans sa gueule. L’os a du être introduit peu de temps après la mort du chien, tandis que les muscles et les ligaments maintenaient toujours la mâchoire au crâne. L’équipe suggère que dans le passé, comme aujourd’hui, les chiens de chasse ont été honorés et étaient peut être enterrés selon un rituel.

Un autre indicateur de l’importance des chiens est que deux canines de chiens ou de loups à Předmostí ont été modifiées pour être porté en parure individuelle. Rarement les hommes du paléolithique ont fait des bijoux à partir de pièces d’animaux de boucherie, de sorte que la fréquence élevée des dents de canidés percés pour les utiliser comme pendentifs sur les sites du paléolithique de Předmostí, entre autres, indique qu’ils ne sont pas considérés comme des aliments. Commes les humains, les canidés sont très rarement représentés dans l’art rupestre du paléolithique, cela suggère également que les artistes rupestres auraient pu considérer les canidés comme généralement éloignés de l’Homme.

Il y a autre chose de bizarre avec les premiers crânes du paléolithique : 40% des 20 crânes de chiens et de loups trouvés à Předmostí ont été percés. Citant des indices de peuples chasseurs du Nord du monde qui ouvraient cérémonieusement la boite cranienne des carivores tués, Germonpré et ses collègues supposent que la perforation des crânes de chiens du paléolithique pourrait avoir une signification rituelle. L’équipe écrit : “A Předmostí, le grand nombre de boites craniennes perforées de grands chiens et de crânes tenant un os entre les dents donne l’illusion d’une relation spécifique entre les Hommes et les grands canidés, y compris la possibilité d’existence d’un rituel avec les loups/chiens en relation avec l’élévation des âmes.”

Gagner leur confiance.

2012441244399000-2012-05MargShipmanFBLes chiens auraient-il été importants au point d’inspirer un rituel et de donner aux humains un avantage crucial sur les Néandertaliens ? Nous ne pouvons pas savoir comment les “anciens” (anatomiquement modernes) et les humains utilisaient les chiens dans leur vie quotidienne, mais il y a des pistes intéressantes. Nous savons que les os des chiens du Paléolithique étaient très grands, avec une masse corporelle d’au moins 32 kilos et une hauteur au garrot d’au moins 61 centimètres, la taille d’un berger allemand moderne. Germonpré et ses collègues suggèrent que ces premiers chiens auraient pu être utilisés comme bêtes de somme. Ils citent des exemples ethnographiques de peuples comme les Pieds-noirs et les Hidatsas de l’Ouest américain, qui ont créé de très grands chiens puissants, en particulier pour le transport en travois par exemple.

Parmi les six sites du Paléothiques sur lesquels des traces de chiens ont été identifiées, cinq ont conservé de grandes quantités d’os charnus de Mammouth qui devaient être liées au site d’abattage de l’endroit où vivait le groupe. Si les chiens portaient la viande, l’Homme aurait pu économiser beaucoup d’énergie, de sorte que chaque proie aurait fourni un plus grand gain net en produit alimentaire, même après avoir nourri les chiens. Un supplément d’alimentation a généralement des effets marqués sur la santé d’un groupe. Mieux nourris les femmes peuvent avoir plus d’enfants, donner plus de lait et avoir des bébés à intervalles plus rapprochés. Peu de temps après, l’aide des meutes de chiens aurait pu contribuer à l’augmentation de la population humaine.

Les chiens peuvent aussi avoir contribués plus directement à l’efficacité des chasseurs humains. Pour découvrir comment un grand chien aurait pu faire la différence, Vesa Ruusila et Mauri Pesonen de l’Institut Finlandais de la Chasse et de la Pêche ont enquêté sur une situation analogue à ce qu’aurait pu être une chasse au Mammouth : la chasse à l’Orignal finlandais. Les Finlandais utilisent des chiens de grandes tailles tels que l’Elkhouds norvégiens ou le Spitz finlandais pour trouver l’Orignal et le maintenir en place par leurs aboiements afin que les Humains puissent les approcher et tirer. Dans les groupes de chasse de moins de 10 personnes le poids moyen des carcasses par chasseur sans chien était de 8.4 kg par jour. Avec les chiens, le rendement est monté à 13.1 kg par chasseur et par jour, soit une augmentation de 56%.

Des études sur les peuples de chasseurs modernes utilisant des petits chiens pour poursuivre le petit gibier ont également démontré des avantages à travailler avec des chiens. Jeremy Koster et Ken Tankersley de l’Université de Cincinnati ont étudié la chasse chez les peuples Mayangnas et Miskitos au Nicaragua. Environ 85% des captures de mammifères par les villageois impliquaient l’utilisation de chiens. Les chiens mâles, plus grands, sont plus utilisés que les femelles. Les chiens mâles ont contribué, en moyenne, à la capture de plus de 20 kg de viandes par mois, et le plus efficace de ces chiens a aidé à apporter près de 100 kg par mois. La femelle la plus performante a contribué à apporter plus de 35 kg par mois. Ces chiens pesaient, en moyenne, de 11 à 12 kg, et pourtant ils ont contribué à beaucoup plus que leur propre poids en viandes chaque mois.

Les chiens améliorent le rendement de la chasse en augmentant la vitesse à laquelle les chasseurs trouvent le gibier. Trouver du gibier “est souvent la compétence la plus compliquée à apprendre chez les chasseurs humains”, écrivent Koster et Tankersley. Le taux de rencontre avec les Agoutis, rongeurs pesant de 2 à 8 kg, était neuf fois supérieur quand le chien était utilisé, pour les Tatous le taux était six fois supérieur avec des chiens. Les chasses aux Tapirs les plus productives impliquaient des chiens et des armes à feu.

Karen Lupo de la Washington State University a mené une étude semblable chez les Bofi et les chasseurs de la forêt Aka en République centrafricaine. Ces chasseurs-cueilleurs chassent avec des lances, des arcs, des arbalètes et des filets ; la plupart de leurs proies pesant moins de 10 kg chacune. Bien que l’utilisation des chiens ait peu d’effet sur la proportion de chasses fructueuses, elle réduit significativement le temps nécessaire pour la mise à mort. Dans les chasses aux Rats géants, par exemple, les chiens réduisent le temps consacré avant la mise à mort de 41% (29 minutes avec des chiens contre 49.5 minutes sans). De même, lorsqu’un Porc-Epic est chassé, les chiens réduisent le temps avant la mise à mort de 57% (44 minutes contre 101.33 minutes). Les chasses plus rapides réduisent l’énergie dépensée par l’Homme au cours de la chasse et augmente le rendement. Les chiens ne sont pas traités comme des animaux de compagnie ou comme compagnons, et l’idée même de le faire est considérée comme risible par les correspondants de Lupo.

La domestication des chiens améliore nettement le succès de la chasse des Humains et son efficacité, que le gibier (ou le chien) soit grand ou petit. La même chose doit être vraie au Paléolithique. Si les Néandertaliens n’avaient pas de chiens domestiques contrairement aux Humains anatomiquement modernes, ces compagnons de chasse auraient pu faire toute la différence dans la concurrence entre l’Homme moderne et les Néandertaliens.

Je ne peux pas m’empécher de me demander si le processus de domestication des chiens a été lié aux changements de l’anatomies humaine et aux capacités de communication. La domestication est une rue à double-sens, comme nous l’avons observé à partir d’exemples tels que les changements génétiques qui rendent les humains adultes capablent de digérer le lait. Ces mutations se feront en plusieurs fois dans différentes populations humaines depuis la domestication du bétail. Je n’ai aucune preuve que le changement que je suis sur le point de révéler se soit passé ou non il y a 45.000 à 35.000 ans, mais cela reste possible.

Coopération du regard.

2012441250119001-2012-05MargShipmanFCUne étude réalisée par Hiromi Kobayashi et Shiro Kohshima de l’Institut de Technologie de Tokyo, a montré que les Hommes modernes sont uniques chez les primates existants avec leur sclérotique blanche très visible qui entoure les iris colorés de leurs yeux, ainsi que des paupières qui exposent une grande partie cette sclérotique. chez les autres primates, la sclérotique sombre, la peau et les paupières de la même couleur tendent à masquer la direction dans laquelle l’animal regarde, selon l’équipe japonaise. Chez l’Homme, les paupières ouvertes et la sclérotique blanche rendent la direction du regard visible à bonne distance, en particulier si ce regard est dirigé dans une direction plus ou moins horizontale. Les différences dans l’oeil humain sont peut être une adaptation qui améliore l’efficacité de la communication visuelle.

Michael Tomasello et ses collègues de l’Institut Max Planck d’anthropologie évolutive à Leipzig, en Allemagne, ont développé l'”hypothèse de l’oeil coopératif”. Ils ont suggéré que la coopération entre les êtres humains a été facilitée par la capacité à reconnaitre là où d’autres observaient. Si la direction du regard et la direction de la tête sont différentes, les singes ont tendance à suivre la direction de la tête. Les chercheurs ont pu le constater lors d’une expérience avec 14 chimpanzés, 4 gorilles, 4 et 5 bonobos et orang-outan, mais ils ont abandonné les tests avec 3 chimpanzés et les 5 orang-outans “parce qu’ils ne faisaient pas suffisamment attention aux signaux du regard pour que leurs compétences soient évaluées de manière fiable.” Le regard n’était apparemment pas une priorité pour les grands singes.

201244125249002-2012-05MargShipmanFDLa mutation responsable de la sclérotique blanche est universelle chez l’homme, mais il se retrouve de temps en temps chez les singes. Durant les décennies d’observations au Parc National de Gombe en Tanzanie, Jane Goodall a observé deux chimpanzés, sans doute frères, qui avaient des sclérotiques blanches. Une troisième chimpanzé femelle a développé une sclérotique blanche comme chez l’adulte. Mais le trait ne s’est pas propagé ou n’est pas réapparu dans cette population. L’avantage de la sclérotique blanche doit être lié à quelque chose que les Humains font et que les “anciens” et les chimpanzés ne font pas, ou rarement. Bien que les chimpanzés chassent de petites proies, souvent en coopération, la viande représente moins de 2% de leur alimentation, tandis que les Hommes du Paléolithique chassaient du gibier beaucoup plus grand qui, apparemment, a fourni une partie importante de leur alimentation. De toute évidence, la communication silencieuse chez les humains serait avantageuse pour la chasse en groupe. Mais il existe un autre “lecteur” du regard : le chien domestique.

Un chien suivra le regard d’un homme filmé si celui-ci a préalablement attiré son attention en lui parlant et en le regardant, selon les résultats publiés par Téglás Erno, de l’Université d’Europe centrale à Budapest, en Hongrie, et ses collègues. En effet, les chiens font aussi bien que les enfants en bas âge en suivant le regard fixe d’un orateur lors de tests dans lesquels sa tête est toujours visible.

Ádám Miklósi de l’Université Eötvös Loránd à Budapest, en Hongrie, et son équipe ont testé des chiens et des loups, et ils ont constaté que les chiens étaient beaucoup plus attentifs aux visages humains que ne l’étaient les loups, même socialisés. Bien que les loup excellent dans certaines tâches faisant appel au regard, suggérant peut-être à une préadaptation pour communiquer avec les humains, les chiens ont tendance à regarder le visage de l’Homme pour saisir des indices, choses que les loups ne font pas. L’équipe de Miklósi croit que cette différence majeure de comportement est le résultat d’un élevage sélectif lors de la domestication.

Une autre façon d’appréhender ce phénomène serait que la sclérotique blanche soit devenue universelle parmi les hommes car elle leur a permis de mieux communiquer non seulement entre eux mais aussi avec les chiens. Une fois que les chiens auraient pu lire le signal du regard humain, ils seraient devenus encore plus utile en tant que partenaire de chasse. Aucune étude génétique n’a encore confirmé la prévalence ou l’absence de la sclérotique blanche chez les Hommes modernes du paléolithique ou chez les Néandertaliens. Mais si la mutation de la sclérotique blanche est survenue plus souvent chez ces premiers, peut être par hasard, cette foncton aurait pu renforcer la communication homme-chien et la domestication qui s’en est suivie. Bien que certaines analyses génétiques ont suggéré que les Hommes modernes et les Néandertaliens se soient croisés, même les estimations les plus élevées de croisement impliquent de très faibles niveaux d’échange génétique qui auraient pu suffire pour répandre le trait de la sclérotique blanche chez les Néandertaliens.

Les humains aiment regarder leur chien dans les yeux pour “lire” leurs émotions, les chiens semblent ressentir la même chose. Peut-être, juste peut-être, cette communication réciproque a joué un rôle dans la survie de notre espèce.

Bibliography

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Source : http://www.americanscientist.org – Traduit par Ad Canes.

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