Contrainte et impulsivité

impulsifD’après un article du National Geographic France, une étude de Holly Miller, chercheuse à l’université de Lille, en collaboration avec l’université du Kentucky, apporterait un nouvel éclairage sur les mécanismes biologiques du contrôle de soi. Après des efforts prolongés, l’encéphale des chiens fatigue et augmente leur impulsivité, ainsi que les prises de risque inconsidérées.

« Un homme épuisé, mentalement et physiquement, sera moins concentré, moins précis et plus agressif qu’un autre reposé. Les chiens suivent le même schéma, explique Holly Miller. Fatigués après une journée de retenue, à exécuter des ordres de leur maître, ils finissent par agir sous le coup de l’impulsion et donc, de manière irrationnelle. »

Pour prouver sa théorie, Holly Miller et ses collègues ont mis au point une expérience. Ils ont regroupé dans leur laboratoire 10 chiens, pour 2 séries de tests. Durant la première session, ils demandaient à chaque chien de rester assis une dizaine de minutes, alors qu’un hamster robotisé leur tournait autour. Lors de la seconde session, le chien était mis en cage le même laps de temps, sans contrainte particulière. Tous furent ensuite mené, chacun leur tour, dans une autre pièce, face à une cage retenant prisonnière une femelle Bull Terrier qui aboyait avec ardeur.

A la sortie de la première session, les chiens qui s’approchaient de la cage et de son occupante démente étaient considérés comme impulsifs. Au contraire, à la sortie de la deuxième session, ils s’en tenaient éloignés, avec prudence.

« Un chien domestique mène une vie précaire. Il retient ses comportements naturels – aboyer, uriner, mâcher… – pour se plier aux règles de la maison. Et lorsque sa nature première reprend le dessus, il est placé dans un refuge, fulmine Holly Miller. Les hommes devraient compatir et aider aux mieux les animaux, au lieu de les contraindre ».

Source : Science AAAS, Psychonomic Bulletin & Review

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