Bienvenue à Natasha Harry

natachaharryDepuis juin dernier la Société Protectrice des Animaux (SPA), qui sort d’une mise sous tutelle par un administrateur judiciaire suite à sa mauvaise gestion des comptes, a une nouvelle présidente, Natacha Harry. Cette journaliste et chroniqueuse télé dévoile dans le magazine 30 millions d’amis d’octobre son plan d’action pour l’association. Cette intervention nous a énormément touché car ses objectifs rejoignent ceux qui sont à l’origine de notre association : informer et prévenir.

« Notre priorité est de moderniser les refuges pour améliorer la prise en charge des animaux abandonnés (les soins, psychologiques et éducatifs) avec un personnel formé, les salariés comme les bénévoles. En intégrant des toiletteurs, des éducateurs canins, des comportementalistes, nous offrons ainsi plus de chances à nos pensionnaires de trouver un nouveau maître. […]

 

[…] Nous allons aussi travailler sur la responsabilisation des futurs maîtres pour une meilleure connaissance de ce qu’implique une adoption et du coût financier qu’elle induit. »

Bravo !

Comme nous le disions au mois d’août dans notre billet anniversaire « Happy Two Years!« , l’objectif principal de l’association est de prévenir les abandons et la maltraitance avant d’en subir les conséquences, même si cela reste inévitable. Mais contrairement à un refuge ou à une association de sauvetage qui ont une vision concrète de leurs actions, nous n’avons aucun moyen de jauger notre efficacité, et c’est parfois frustrant…

Ce (très bon) numéro de 30 Millions d’Amis d’octobre nous conforte pourtant dans nos objectifs, puisque dans un dossier consacré à l’avenir du chien de compagnie, nous pouvons lire une nouvelle intervention de Natacha Harry suivie d’une autre de notre très cher Nicolas Cornier :

« A l’occasion d’une grande enquête diligentée en 2008 par la Fondation 30 Millions d’Amis, on apprenait que deux chiens sur trois remis à un refuge avaient entre 1 et 5 ans. Un jeune âge qui correspond au temps nécessaire pour sortir de la phase de découverte de l’animal (le chiot à qui l’on fait des câlins) et d’être confronté à la « réalité » éducative et économique de son « acquisition » qu’elle soit gratuite ou payante. Les prétextes à l’abandon sont alors des « défauts » de l’animal (agressif, bruyant, trop grand, mal éduqué, trop cher…) plus ou moins avoués ou dissimulés derrière un déménagement ou l’arrivée d’un enfant. »

 

« Intégrer son chien à la famille se révèle pour beaucoup plus difficile que prévu. Notamment dans la partie éducative. « on ne peut pas improviser dans ce domaine, intervient Nicolas Cornier, éducateur canin, « Aujourd’hui, lorsqu’on veut un chien, on veut celui qui correspond à l' »objet » commercial qu’on a vu. Certainement pas à l’animal qui doit être intégré à son milieu de vie, c’est à dire le chien éduqué »

Quelques pages plus loin, Natacha Harry enfonce le clou, appuyée par Nicolas Cornier :

« Les problèmes de comportement restent aujourd’hui la principale cause d’abandon en France. La famille réalise, plus ou moins rapidement, que l’intégration de l’animal est plus difficile que prévu. C’est un constat d’échec dans la prise en charge éducative du chien qui signe son abandon ».

 

« Depuis que je fais ce métier, je constate que la majorité des adoptions ou des achats se font sur une base émotionnelle. On craque pour une race qu’on a vue, un chiot à la bouille sympathique, un caprice d’enfant… sans aucune connaissance de l’animal. Et comme il n’y a plus de transmission du savoir-faire de nos grands-parents ou arrière grands-parents, très vite, les chiots devenus grands présentent des comportements gênants : destruction, malpropreté, vocalises, hyperactivité, peur, stress et, au final, agressivité ». »

Nicolas Cornier précise :

Les gens ont dans l’esprit soit l’image du chien héros, fidèle ami de l’homme, qui accomplit des exploits, soit celle de l’animal qui fait peur, dissuade, garde et défend. On n’a pas celle du chien éduqué, celui qui est intégré à son environnement, à la vie qu’on lui propose. Si c’était le cas, avant d’acheter un chien, on se poserait les bonnes questions, à savoir « est ce que je prend un chien, et si oui, quel chien convient à mon mode de vie, et à mes connaissances et à quel moment de sa vie et de la mienne, je dois l’adopter ? » Si on ne répond pas bien à ses trois questions, on tombe inéluctablement sur un problème comportemental à plus ou moins brève échéance. A mon sens, le meilleur levier pour éviter les comportements gênants des chiens, c’est d’abord d’éduquer les maîtres !

La prévention est bien un facteur important dans la lutte contre les abandons et la maltraitance animale, c’est une certitude. Le plus difficile est de faire passer ces informations… car peu de propriétaire viennent spontanément demander des conseils ou consulter un professionnel après l’acquisition du chiot, ce qui est pourtant un investissement considérable et parfois décisif quant aux relations futurs partagées avec leur compagnon durant toute leur vie. Il y a du boulot…

Si nous ne sommes qu’une brise dans ce grand tourment de la protection animale, Natacha Harry pourra compter sur nous pour l’aider à réaliser ses objectifs, et nous lui souhaitons beaucoup de courage.

Bienvenue.

PS : et n’oubliez d’acheter le nouveau magazine de 30 Millions d’Amis pour suivre le reste de ce dossier, et bien plus encore (certifié sans homéopathie) !

1 Comment

  1. C’est une excellente initiative, Mais il y a beaucoup , beaucoup de choses à mettre en place…. en aura t’elle les moyens. C’est moins sur, il faut plus que de la volonté il faut aussi que les lois soient appliquer et affiner une bonne partie de celles qui existent déjà.
    René POLLIDORO
    (Éducateur canin)

Comments are closed.

Copyright © 2013 Ad Canes