Ave (super) Cesar !

88208Suite à la popularité de nos deux premiers articles concernant l’émission de Cesar Millan « Super César » diffusée actuellement sur la chaîne « Nat Geo Wild« , nous avions décidé d’écrire un article plus complet sur les méthodes archaïques utilisées par ce pseudo-éducateur. En faisant nos recherches nous sommes tombés sur le blog de Prescott Breeden, PDG de The Pawsitive Packleader, Inc. et président et co-fondateur du SPARCS (Society for the Promotion of Applied Research in Canine Science), qui propose un article documenté de très haute qualité que l’on aurait été incapable d’écrire nous-même. C’est pourquoi nous avons demandé l’autorisation pour en faire une traduction libre. Ave Cesar, bienvenue au 21e siècle !

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Cesar Millan, le « Dog Whisperer »  bénéficie incontestablement d’une grande popularité et d’un succès commercial certain, pourtant, ses méthodes s’appuyant sur la menace et la dominance sont très controversées dans le monde de l’éducation canine et parmi les propriétaires de chiens. Les méthodes utilisées par Cesar Millan constituent un sujet très sensible et houleux qui déchaîne les passions et divise éducateurs et propriétaires de chiens. Les avis sur Cesar Millan sont généralement très tranchés et une discussion sur ce sujet génère bien souvent des conflits entre partisans et détracteurs de Cesar Millan. Cet article a été écrit pour parler de la science appliquée du comportement animal et permettre de comprendre pourquoi ce sujet divise tant.

 

Feuille de route

Cet essai paraîtra atypique pour un lecteur occasionnel dans la mesure où il n’est pas conçu pour la lecture occasionnelle. En raison de la nature même du sujet et la pléthore d’essais qui ont précédé, la science est ici présentée sous un jour quelque peu inhabituel. Il semble que l’une des raisons pour lesquelles il y a tant de conflits sur le sujet de la dominance et de l’éducation canine est que celui-ci est généralement relayé à un niveau secondaire, croyant peut être que le lecteur moyen n’est pas assez instruit pour s’y intéresser. Le problème avec ce genre de discussions peu approfondies est qu’elles appellent alors des contre-arguments légers qui ne trouvent habituellement aucun appui dans la littérature académique, la conversation devient alors stérile, chacun accusant l’autre d’avoir tort sans apporter aucun argument convaincant.  Mais si l’on croit en l’intelligence de l’homme et que l’on veut améliorer la compréhension du comportement canin par les propriétaires, alors il faut tenter d’en expliquer les spécificités. Le langage utilisé dans cet article est le même  que ce que l’on peut trouver dans la littérature académique, il convient donc, pour ne pas perdre le lecteur, de commencer par faire un point sur la terminologie utilisée.

Dans le paragraphe suivant concernant la terminologie, six termes sont présentés : cinq qui sembleront nouveau pour beaucoup de lecteurs (comportement agonistique, intra-spécifique, dyade, phénotype et phylogénétique), et le terme le plus persistant et le plus galvaudé qui est la « dominance » (agression). La dominance sera traitée dans une section ultérieure, mais l’on prendra un moment pour expliquer pourquoi le terme « agression » est utilisé le moins souvent possible.

J’ai passé des mois à la recherche d’une définition de l’agressivité chez le chien, et il s’est avéré que l’essentiel reste encore indéfini (Miklosi, 2008, p.172). Il existe un grand débat entre les « lumpers » et les « splitters » qui tentent de trouver un consensus sur une définition, mais sans succès (Houpt, 2006). Un auteur a classé les agressions en 12 types distincts (Beaver, 1983) mais qui ont été re-catégorisés plus tard en 15 types avec pas moins de 21 sous-types différents (Beaver 2009, encadré 4-1). Il est impossible d’avoir une discussion scientifique d’ordre général sur un sujet qui nécessite autant de définitions avec tant de contextes.

John Paul Scott, membre fondateur de l’Animal Behavior Society et auteur prolifique, a déclaré ceci au sujet de l’agression :

L’agression est un terme scientifiquement faible et qui fonctionne principalement comme une poignée pratique pour lier les phénomènes décrient en des termes plus objectifs aux problèmes pratiques humains. Ce qui nous concerne est le comportement agonistique, un système comportemental composé de comportements ayant pour fonction commune de s’adapter aux situations impliquant un conflit physique entre membres de la même espèce. Nous ne pouvons pas analyser les comportements conflictuelles sans étudier aussi les alternatives comme les comportement de fuite, la menace, le « freezing » (gel), la posture défensive, la domination et la subordination, etc… Scott, 1966.

 

Terminologie

Comportement agonistique : tout comportement associé à un conflit entre deux individus

Agression : acte physique d’un individu qui réduit la liberté ou la « genetic fitness » (NdT : survie x fécondité) d’un autre (Wilson, EO, 2000)

NB : Comme l’a dit JP Scott, l’agression est un terme scientifiquement pauvre, donc pour les besoins de cet essai, j’en ai limité la définition afin d’éviter toute confusion. Pour les autres définitions, voir les références (Ramirez & Andreu, 2006 ; Houpt, 2006 ; Beaver, 2009)

Intra-spécifique : découlant ou survenant au sein d’une espèce, impliquant les membres d’une même espèce

Dyade : une paire, deux individus entretenant une relation socialement significative

Phénotype : ensemble des caractéristiques observables chez un individu et résultant de l’interaction de son génotype avec l’environnement (càd. la morphologie, le développement, les propriétés physiologiques, le comportement et les résultats du comportement)

Phylogénétique : développement évolutif et diversification  d’une espèce ou d’un groupe d’organismes ou d’une caractéristique particulière d’un organisme.

 

Critique du « Dog Whisperer » : « Getting Throught the polarization »

La plus grande force d’opposition face aux techniques de Cesar Millan provient des comportementalistes animaliers (personnes physiques généralement titulaires d’un doctorat en psychologie, éthologie, zoologie ou biologie) et des éducateurs en méthodes positives. Ces professionnels utilisent des méthodes s’appuyant sur l’évitement des confrontations, ce qui renforce le comportement désiré, et l’évolution des associations négatives qui sont généralement la cause de comportements réactifs et agonistiques indésirables. Leurs critiques sur les méthodes de Cesar Millan sont souvent rejetées en raison d’une éventuelle jalousie envers sa réussite financière. Le problème avec cet argument est que toute personne qui travaille dans le respect du bien-être de l’animal (ce qui inclus l’éducateur canin) sait que ce n’est pas une activité rémunératrice, et surtout que les professionnels qui choisissent une activité liée aux animaux ne sont pas motivés par le côté financier. Ce serait la même chose pour un travailleur social de l’enfance qui critiquerait une émission de télévision qui montre des méthodes d’intimidation sur des enfants scolarisés simplement parce qu’ils seraient jaloux de leurs revenus. Quatre-vingt-dix pour cent des professionnels du chien gagnent moins de 56 000 dollars (43 000 euros) par an. Si la réussite financière était une motivation pour critiquer les scientifiques ou les professionnels, nous verrions d’autres personnes ayant des rémunérations importantes se faire tout autant critiquer, cependant, le débat est toujours axé sur ces méthodes d’éducation spécifiques sans la moindre corrélation avec l’argent gagné par l’individu utilisant ces méthodes. Millan gagne beaucoup plus d’argent que les Moines du New Skete, et les méthodes qu’ils emploient (qui sont très similaires, impliquant la production de confrontations et la domination) sont tout autant critiquées. Millan est au cœur du sujet car il a été popularisé via son exposition médiatique.

La perception de Millan mise en scène dans ses émissions de télévision a créé un tournant unique en son genre et influé sur l’opinion publique. On ne peut nier que Millan, à travers la vente de produits tels que des livres, des colliers, des vêtements, des DVD d’éducation en « chef de meute », a acquis une immense crédibilité par sa présence télévisuelle, beaucoup plus de crédibilité d’ailleurs que s’il avait seulement écrit des livres. Non seulement la télévision fait de la publicité via une source extérieure (National Geographic dans notre cas), mais elle créée biologiquement un processus d’apprentissage solide au niveau mental en raison des caractéristiques neurologiques des nombreux supports dans lesquelles les messages se transmettent (Tavassoli 1998 ; Stammerjohan et al, 2005). Cela se combine avec un phénomène humain tout à fait normal qui consiste à écarter toute nouvelle information qui ne se conforme pas à notre compréhension pré-existante (càd. contradictoire), car cela menace notre vision du monde (Nyhan et Reifer, 2011). Ainsi, critiquer les méthodes d’éducation de Millan peut faire réagir une personne de façon défensive, voir même agressive face à l’information donnée, même si la critique n’a pas été dirigée contre elle, sans incriminer ni leur point de vue ni leur opinion. Il est important pour chacun de prendre du recul et de réaliser que personne ne naît avec la connaissance universelle, et l’éducation est quelque chose qui s’apprend durant toute une vie. Selon Albert Eistein, « la sagesse n’est pas un acquis de l’école, mais le résultat de la quête de toute une vie à s’efforcer de l’atteindre. » Si nous ne continuons pas les efforts de compréhension des mécanismes biologiques du comportement au-delà de notre compréhension actuelle, nos croyances deviennent alors dogmatiques et ne relèvent plus de la science.

Cela vaut pour les deux types d’éducation basés sur la dominance ou le renforcement positif.

 

Holly et le « showdown » (épreuve de force)

Récemment, Nat Geo Wild a diffusé une bande-annonce faisant la promotion de la dernière saison de « The dog Whisperer » nommé « Showdown with Holly ». Dans cette vidéo, Millan montre aux propriétaires d’un labrador sable (Holly) comment ils doivent gérer son emprise sur les ressources. En bref, Millan incite Holly à réagir défensivement en l’intimidant avec un contact visuel fort (un signe de danger pour les chiens) et en violant son espace de sûreté pendant qu’elle essaye de manger son bol de nourriture. Après l’avoir fait réagir de manière défensive Millan la frappe dans le cou avec ce qu’il appelle « la griffe », c’est-à-dire un contact de correction « conçu pour simuler la gueule et les dents d’un chien comme une mère ou un chien plus dominant » (Millan et Peltier, 2007 p. 48).

Il est toujours bien clair que ce ne sont jamais des coups francs, cependant si vous regardez la vidéo au ralenti il frappe durement dans le cou avec le côté de sa main. Vous pensez que ce n’est pas grand-chose si la pression est bien répartie, mais la force augmente lorsque vous réduisez la surface. Ainsi, au lieu de répartir la surface de contacts au diamètre de sa main il centre le point de contact au niveau approximatif de son articulation. Cela augmente la force du contact (qui, dans la partie molle du cou est une façon élégante de dire que cela augmente la douleur infligée).

Sur le plan éthique, il est inexcusable de le diffuser dans le monde entier. La population en général n’est pas suffisamment instruite dans les sciences du comportement pour comprendre le très grand nombre de problèmes qui peuvent survenir en essayant de mettre en œuvre ce genre de méthodes qui n’est rien d’autre que de la violence archaïque (Jensen, 2007, p.138). Le nombre d’annonces alertant les téléspectateurs du type : « n’essayez pas ça chez vous » n’a pas d’importance, parce que les gens le font, et il y a environ 4.5 à 4.700.000 morsures de chien chaque année qui sont directement liées aux approches de rééducation de problèmes comportementaux majeurs (Sacks et coll, 1996 ; Herron et al., 2009 ; Yin, 2011), comme en témoigne la vidéo de Millan qui a été durement mordu, avec perforation et saignement significatif.

Sur le plan comportemental, il y a plusieurs problèmes avec « la griffe » ou autres imitations de morsure. Tout d’abord il existe des différences quantitatives et qualitatives dans la façon dont une morsure inhibée est effectuée par les mères envers leurs petits. Certaines mères sont plus douces dans leur approche et d’autres plus agressives, mais les mères qui utilisent un comportement correctif le moins agressif avec leurs chiots semblent développer des liens sociaux plus étroits avec leur progéniture (Wilson, 1984).

En fin de compte, les humains n’ont pas les capacités morphologiques et hormonales nécessaires pour reproduire le comportement maternel envers un chiot, ainsi prendre le comportement maternel observé comme support pour une méthode générale fortement conflictuelle est un mauvais comportement. Les méthodes de confrontation qui impliquent la douleur, la peur ou l’intimidation augmentent la probabilité de morsures envers les propriétaires, et risquent d’endommager la relation propriétaire-chien, et de diminuer la volonté et la capacité d’obéir aux ordres (Weiss & Glazer 1975 ; Reisner, 1994 ; Hiby et al. 2004 ; Schilder & van der Borg, 2004 ; Herron et al. 2009 ; Beaver, 2009 ; Arhant et al. 2010 ; Rooney & Cowan 2011). Non seulement nous manquons de connaissances sur les degrés du comportement correctif maternel, dans ces multiples variantes, mais il est également impossible pour nous de reproduire physiquement la mâchoire et les dents d’un carnivore qui frappe rapidement, le faire avec nos doigts peut apprendre aux chiens à avoir peur de la main, un autre facteur important de morsure par nos chiens (Rosado et al, 2009).

Ce que les partisans de Millan ne parviennent pas à comprendre, c’est que ces méthodes ont un taux de réussite significativement plus faible que la désensibilisation systématique et le contre-conditionnement employé par le « Certified Applied Animal Behaviorists » et les éducateurs en méthode positive. La morsure est juste une réponse comportementale appartenant au comportement agonistique, et l’une des principales raisons pour lesquelles des chiens bien socialisés mordent des gens est que nous ne répondons pas à tous leurs signaux agonistes. Si un chien tente de résoudre pacifiquement un conflit avec nous et que nous ignorons sa tentative de demande d’éloignement, il sera obligé de réagir défensivement. Poussé à bout, la plupart des animaux auront recours à l’agression au moment où la fuite ne sera plus une option (par exemple, tenter de forcer une « soumission »). Parfois, la suppression de la possibilité de fuite dans un conflit plongera le chien dans un état d’impuissance acquis et il se renfermera sur lui-même, causant un état de dépression émotionnelle grave et un stress psychologique apparenté au PTSD (Post-Traumatic Stress Disorder) avec des symptômes semblables à ceux des Humains (Seligman, 1972) ; cependant, avec les autres chiens, il supprimera simplement les signaux d’alerte qu’utilisent les chiens pour prévenir une morsure. Il est difficile de prédire quel résultat se produira (qui, dans tous les cas, ne sera jamais bon). Les comportementalistes ont donc appris d’autres façons d’aborder ces comportements, tout en limitant le risque d’aggravation des symptômes, de supprimer les signaux d’avertissement, de créer un traumatisme psychologique, ou d’endommager le lien entre l’Humain et le chien. Le comportement agonistique intra-spécifique est un comportement adaptatif très important destiné à prévenir les blessures chez les animaux sociaux, mais en tant que propriétaire nous voyons fréquemment des signaux destinés à maintenir la paix lors des situations conflictuelles. Ce faisant, nous intensifions naturellement le comportement alors qu’il serait plus facile de le régler avec la désensibilisation systématique et le contre-conditionnement.

Ce qui est choquant c’est que Millan se fait souvent mordre. Indépendamment des méthodes, qui peuvent être soutenues tant que les gens ne se retrouvent pas avec des gnons sur la tronche, si Millan savait lire les signaux visuels du langage corporel canin il ne serait pas si souvent mordu. Parce que l’agressivité pathologique est rare, un chien a généralement été provoqué d’une façon ou d’une autre à chaque fois qu’il a mordu, généralement par inadvertance, et la réponse la plus courante des propriétaires lorsque cela se produit est : « je ne l’ai pas vu venir ».

 

Les problèmes avec les indices d’erreur et d’information contradictoire

Les éducateurs utilisant des méthodes dites positives ne sont toutefois pas irréprochables car ils omettent souvent d’aider les propriétaires de chiens à comprendre les problèmes liés au concept de dominance. Ils se contentent bien souvent de déclarations telles « la dominance est un mythe » et tentent de jeter aux orties ce concept délicat et complexe et cela à cause d’éducateurs qui en font une mauvaise interprétation visant à justifier leurs méthodes abusives. Tout d’abord, cela revient à jeter le bébé avec l’eau du bain et va à l’encontre de la terminologie utilisée dans un très grand nombre d’études sur le comportement social des animaux. Deuxièmement, la notion de « position dominante » ne va pas disparaître en prétendant qu’il s’agit d’un mythe alors même qu’il s’agit là de l’un des principes les plus anciens de l’éthologie, même s’il est souvent mal utilisé. Troisièmement, les éducateurs canins sont des enseignants pour les chiens comme pour leurs propriétaires et être un bon professeur consiste à créer un lien de confiance avec l’élève (ce que fait d’ailleurs très bien César Millan). Dire aux gens qu’ils sont mauvais quand ils utilisent à tort le concept de dominance et croient que si Muffy a mordu le facteur, c’est parce qu’elle est dominante, est très mal vu. Cette erreur peut engendrer des problèmes de confiance en soi et affecter l’apprentissage, ainsi, modifier l’information est une technique d’apprentissage plus efficace en général que le dédain et la contradiction. La dominance est un concept compliqué qui est traité en détail dans la littérature et vous ne pouvez en aucun cas en faire abstraction faute de le comprendre.

 

Qu’est-ce que la dominance ?

Afin d’essayer de trouver un terrain d’entente pour développer un concept, les définitions sont indispensables. Nous ne pouvons aller nulle part sans définir précisément ce dont nous parlons. Irwin Bernstein, un primatologue, a peut-être écrit l’un des essais les plus complets et les plus influents sur la domination appelé « le bébé et l’eau du bain » (The Baby and the Bathwater). Dans mes recherches pour cet article qui ont duré plusieurs mois et qui englobent des centaines de publications évaluées par leurs pairs et divers manuels d’éthologie, je n’ai rien trouvé de plus éloquent que cette définition :

La notion de dominance est utilisée dans les sciences comportementales et biologiques pour décrire les résultats dans la variété des interactions concurrentielles. Dans certains groupes, l’historique des rencontres agonistiques entre les individus modifie le cours des futures rencontres agonistiques tel que l’existence d’un certain type de relation peut en être déduit.

 

L’eau du bain

[1] La dominance n’est pas un trait hérité, un animal ne peut donc pas être « dominant » de la même façon que vous pouvez dire qu’un animal a les yeux bruns (Berstein, 1981).

Aucun animal ne naît « dominant ». Ils naissent avec des phénotypes qui produiront les dents, la coloration, la taille, la force, etc… Le produit de ces traits et d’autres (comme le tempérament), couplés avec des caractéristiques phénotypiques individuelles d’un autre animal, va produire un résultat lors d’une interaction agonistique dyadique. La dominance n’est pas un trait individuel, mais plutôt un reflet de la relation agonistique entre deux individus qui peut varier au fil du temps et en fonction du contexte (Fatjo et al., 2007).

[2] Les relations de dominance ne sont pas dépendantes de la présence d’une hiérarchie sociale (Hinde, 1978).

Parce que la nature de la dominance est issue d’une relation dyadique, vous pouvez accepter son existence sans impliquer des hiérarchies avec des rangs de dominances agonistiques. Il y a un énorme écart dans la façon dont les animaux forment des hiérarchies sociales comme des relations agonistiques, de même, à supposer qu’ils sont le reflet des mêmes causes proximales, évolutives, fonctionnelles et de développement n’est pas soutenu dans la littérature. Chez les loups, les hiérarchies sociales sont créées en grande partie selon les conditions écologiques (telles que l’abondance de la nourriture, la concurrence locale, la taille des proies, etc.) alors que les relations agonistes sont en grande partie un produit du tempérament, de l’apprentissage et de la proximité. Même si un animal a la capacité phylogénétique de développer une hiérarchie sociale, alors que certains chiens ne le peuvent pas (Ha, 2011), ils doivent encore réunir les conditions environnementales nécessaires à l’émergence du comportement (Udell et al., 2010).

[3] La dominance n’est pas une motivation (Bradshaw et al., 2009).

Le comportement agonistique est fortement dépendant du contexte de la ressource. Un chien peut aimer un os, mais n’aura aucun intérêt pour les jouets, tandis qu’un autre aimera les jouets mais n’aura aucun intérêt pour les os. La majorité du comportement agonistique observé entre ces chiens dépend à la fois de la valeur perçue de l’objet ainsi que les caractéristiques phénotypiques (par exemple la taille, la force, les armes, etc.) pour déterminer la motivation à se battre entre les deux animaux (Choi et al., 2011). La motivation est la valeur perçue de la ressource, pas la conséquence d’un rang.

Les carnivores sont puissants et son capables de tuer ou de démembrer un autre animal avec facilité (Polis, 1981) ; l’agression intra-spécifique n’est donc pas adaptée à la survie et l’agressivité inappropriée est généralement sélectionnée sur les populations sauvages en raison des pressions adaptives (Lorenz, 1966 ; Schaller, 1973 ; Brown, 1975). La survie chez les prédateurs potentiellement dangereux qui préfèrent vivre dans des groupes bien soudés dépend de leur capacité à éviter les conflits (Pierce & Bekoff, 2012). Les chiens ont évolué pour utiliser une multitude de comportements agonistiques qui ont pour but d’éviter les conflits. Malheureusement ceux-ci ne sont pas reconnus par les humains ou sont interprétés à tort comme de la dominance (McConnell, 2002). La fonction de nombreux comportement agonistes (par ex. en évitant le regard, l’évitement, l’appel au jeu…) est de mettre fin à l’agression d’un membre social (Bernstein, 1981). Confondre la volonté de nos chiens de résoudre pacifiquement un conflit avec une tentative de domination est extrêmement dommageable pour la confiance qui lie cette relation.

Petite liste des comportements fréquemment observés au cours des rencontres agonistiques chez les chiens

Evitement Jeu et salutation
Montrer les dents Grognement
Mordre Course ?
Se secouer Regarde en face de façon détendue
Poursuite Rouler sur le dos
Se tapir S’enfuir
Oreilles en arrière Assis
Aboiement d’excitation Traquer
Aboiement de frustration Regarder fixement
Grognement d’avertissement Rictus de soumission
Tourner la tête et le cou Remuer la queue
Se lécher les babines Queue haute
Regarder au loin Queue entre les pattes
Creuser Gémissement
Poils hérissés Jappements et dents découvertes

(Scott & Fuller 1965, tableau 3.1 ; Mc Greevy et al, 2012)

*Notez que mordre est seulement l’un des 32 comportements sur cette très courte liste, une liste exhaustive permettrait de combler une thèse de doctorat.

 

Le langage corporel : chiens et loups

Malheureusement, saisir la complexité d’un langage n’est pas aussi simple que de mémoriser une définition. Reconnaître le contexte est impératif quand il s’agit de traduire correctement le langage corporel. Sans analyse correcte du contexte, il est facile de commettre des erreurs. Tous ces comportements sont fréquemment observés au cours d’autres types d’interactions (comme le jeu), cependant le contexte dans lequel est observé le comportement est tout aussi important que l’intonation et le ton que nous utilisons pour  comprendre la signification d’une phrase. « Votre fils est spécial » et « votre fils est spécial » ou « votre fils est spécial », toutes ces phrases ont un sens légèrement différent bien que les mots soient identiques. Ainsi un compliment peut être tourné en une insulte sarcastique simplement en modifiant quelques mots, il est important d’insister  sur ce point (c’est-à-dire le contexte de la phrase).

L’analyse du langage corporel du chien remonte à Darwin, soit près de 100 ans avant que les biologistes n’aient commencé à étudier le comportement du loup en captivité. La théorie de l’antithèse de Darwin fut le début de notre compréhension du comportement agonistique du chien ; sa théorie était que les animaux dans des états d’esprit opposés effectuaient des mouvements directement opposés dans la nature. Par exemple un chien répondant à la menace d’un objet s’approchant à une certaine distance (Figure 1), en opposition au comportement exprimé dès qu’il a reconnu qu’il s’agissait de son propriétaire (Figure 2).

untitled2FIGURE 1

untitled3FIGURE 2

Le contexte original des dessins de Darwin est qu’ils montrent comment ces signaux changent facilement lorsque le contexte change. La motivation de ces comportements n’est pas « être dominant » ou « être soumis » mais plutôt ils confèrent une intention et le comportement en figure 2 est un comportement hautement social qui est essentiel pour construire des liens sociaux forts avec les compagnons.

 

Holly et son apaisement

Dans le « Showdown », Holly donne à Cesar Millan une dizaine de signaux différents pour lui demander de l’espace et éviter le conflit. Si vous regardez au ralenti, vous remarquerez les comportements agonistes suivants : évitement, se tapir, oreilles en arrière, grognement, se lécher les babines, détourner le regard, regard fixé sur le visage, assis, claquement de dents. Elle lui donne une très grande quantité d’informations signifiant « laisse-moi de l’espace » jusqu’à ce que la pression atteigne un point tel qu’elle déclenche un onzième comportement agonistique conduisant à la morsure. Avant la morsure, Millan avait dit n’avoir jamais vu de tels comportements chez cette chienne et qu’il était en train de les observer pour la première fois. Son approche de ce problème de comportement, qui n’était rien de plus qu’un banal problème de garde de ressource, a causé une aggravation des symptômes. Si vous m’avez engagé pour réparer votre gouttière parce que vous aviez une fuite et qu’au lieu de réparer la gouttière, je faisais un trou dans le toit, vous m’enverriez illico devant un tribunal civil. Après la morsure, Millan a dit « je ne l’avais pas vu venir », pour être juste, de temps en temps, un professionnel peut rencontrer des chiens montrant très peu de signes avant-coureurs et se trouver pris au dépourvu, mais ici ce n’était pas le cas. Holly lui a donné plus d’avertissements que je n’ai jamais vus chez un chien au regard de la provocation qui lui était faite, et même après qu’il lui ait frappé dans le cou, elle continue à donner des signaux lui demandant de lui laisser de l’espace et mettre fin au conflit, avant de recourir à la morsure.

 

L’agression et la domination

Le stress psychologique est beaucoup plus puissant que la douleur physique et les méthodes impliquant une confrontation sont dangereuses à cause de la réponse qu’elles peuvent induire. Les comportements inclus dans les méthodes de confrontation sont : corrections avec la laisse, muselières, colliers étrangleurs et à pointes, retirer des objets de la gueule du chien de force, alpha rolling, le forcer à se coucher, donner des coups de genou dans la poitrine du chien pour éviter qu’il saute, battre et donner des coups de pied au chien, attraper les joues ou la peau du cou, le dominant doit le mettre à terre, pincer le cou, l’usage des colliers électriques, mettre le nez du chien dans ses excréments, crier « tssst » ou « schhhhtt », regarder vers le bas, utiliser un pistolet à eau ou un vaporisateur, exposition forcée, et grogner vers le chien. Ces méthodes produisent des réactions agressives dans environ 43% des cas chez les propriétaires qui les ont employées. Ce qui est particulièrement frustrant, c’est que les comportements agressifs en réponse à l’utilisation de ce type de méthodes, dus généralement à la douleur ou à la peur, sont rapidement étiquetés « dominance » ou « agression » et les chiens sont souvent euthanasiés parce que l’on tente de leur inculquer la soumission et que cela ne fonctionne pas (Sherman et al, 1996). Millan dit : « Les chiens puissants, lorsqu’ils sont dans la zone rouge peuvent infliger de graves morsures et même provoquer la mort. La plupart du temps, ce sont des chiens dominants que les propriétaires ne peuvent pas manipuler » (Millan et Peltier, p.147-148).

 

Rechercher un rang ou rechercher un groupe.

Les dégâts omniprésents causés par l’idéologie de la domination, sont souvent supportés par le concept du chien cherchant un rang. Comme il a été mentionné plus tôt, la dominance et le rang ne sont pas synonymes. Une relation dominant-subordonné est capable de prédire le résultat d’une interaction agonistique basée sur une histoire d’observation entre deux individus. Le rang, cependant est soumis à d’autres facteurs allant au-delà d’une simple dyade et est fortement influencé par la dynamique de groupe (telle une alliance intra-spécifique – peu d’enfants se font embêter à l’école lorsqu’ils ont une alliance avec l’équipe de rugby).

Millan et les autres éducateurs qui se basent sur la domination, entretiennent l’idée que non seulement les chiens naissent dominants ou soumis mais qu’ils sont aussi naturellement motivés pour atteindre un rang supérieur, surtout s’il y a un leader inefficace (Millan et Peltier, 2006, p.3, 27, 113, 139, 168, 230, 242, 247-248). L’idée que se trouve derrière cela est une mauvaise interprétation de la motivation de l’évolution :

Les pressions sélectives de l’évolution ne peuvent pas sélectionner des relations telles qu’être le plus lourd, le plus grands, le plus intelligent ou le plus dominant. Les pressions sélectives de l’évolution ne peuvent pas fonctionner sur le contenu relatif des contextes sociaux favorisant un individu sur un autre. Les gènes se trouvent dans les individus et non pas dans l’espace qui sépare les individus. Les gènes influencent les propriétés absolues et non les propriétés relatives des attributs. La dominance, comme une relation entre les individus, n’est pas une propriété absolue d’un individu mais un résultat influencé par de multiples propriétés des individus. Bernstein, 1981.

Plus nous en apprenons sur le comportement social chez les animaux, plus nous nous rendons compte que les animaux sociaux évoluent loin des conflits. Un comportement pro-social comme la coopération, l’équité, la réciprocité, l’empathie, la confiance, la consolation, l’altruisme sont une force motrice essentielle de l’évolution, ce qui n’est pas le cas de la domination (Pierce & Bekoff, 2012). Le monde est et a toujours été dangereux, et les espèces pro-sociales ont dû coopérer pour que la récolte et la protection des ressources soient plus efficaces. Un des facteurs les plus importants dans le développement de la coopération et de la réciprocité dans une relation, se crée à travers les phases de jeux durant lesquelles les animaux apprennent les droits et les interdits dans les interactions sociales, motivés à les respecter pour que le jeu puisse durer plus longtemps grâce à l’inhibition des morsures et l’auto-contrôle (Jensen, 2007).

 

Avec l’aide d’un professionnel

Il est absolument impératif, si vous avez un chien qui présente des problèmes de comportement, de chercher un professionnel qui connaisse et sache correctement interpréter le langage corporel et comprenne l’importance des méthodes positives. Si vous embauchez une personne comme Millan qui ne peut faire la différence entre signaux de menace et conciliation (ou pire, estime que les signaux eux-mêmes sont des signes de dominance), alors, vous serez incapables de gagner la confiance nécessaire pour construire une relation saine avec votre chien. Le leadership est une question de communication, pas de domination, et la confiance est le fondement des relations sociales pour chaque être sensible et grégaire. Elle est le fondement de ce que nous dicte notre capacité à communiquer et à partager une vie de coopération plutôt que de confrontation. Vous ne pouvez pas construire une relation de confiance par la confiscation, les coups de pieds et l’intimidation mais seulement une relation de peur.

 

Un chien mord

Il n’y a pas de méthodes sûres mais avec le succès de Cesar Millan dans les grands médias les morsures de chiens sont en hausse aux Etats-Unis et dans d’autres pays. Les hospitalisations dues à des morsures de chiens ont augmenté de 59% dans certaines régions (Neuwman et al, 2010) depuis la diffusion des premiers épisodes. La télévision est toujours citée comme la source d’information avec laquelle le propriétaire a appris et essayé une technique qui a rendu son chien agressif envers lui ou a conduit à une morsure (Herron et al, 2009).

Il est indéniable que Millan a donné des explications et créer une philosophie très attrayantes pour expliquer le comportement canin. Dans le passé, j’ai commencé par étudier le comportement animal appliqué, j’étais alors le plus grand fan de Millan, j’avais lu tous ses livres, regardé ses émissions et je ne comprenais pas mon oncle vétérinaire qui le traitait de charlatan. Mais ses péroraisons sont un appel au conflit, à l’attaque, à devenir un chef de meute. Il est extrêmement doué pour se faire écouter et lire. Il joue sur le côté sentimental dans le concept du « Dog Whisperer » et raconte aux gens qu’ils peuvent aussi le faire et que dans la mesure où chacun peut devenir un leader, les problèmes de comportements doivent disparaître.

Cependant les chiens ne comprennent pas la poésie, les méthodes dangereuses et abusives de Millan ne font qu’ignorer totalement 80 ans de recherches en comportement animal. Les références ci-dessous proviennent de plus d’un demi-siècle de recherches doctorales au niveau de la psychologie, de la neuroscience comportementale, du comportement animal appliqué, de l’éthologie et de la zoologie. Cesar Millan est un autodidacte. Le calcul est simple à faire…

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Références

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Source : http://prescottbreeden.com/dog-whispering-in-the-21st-century/
Traduit par Ad Canes

 

PS : en écrivant cet article nous avons appris que l’Autriche assimilait les méthodes de Cesar Millan à de la maltraitance animale et étaient réprimées comme telle. A bon entendeur…
http://www.vorarlbergernachrichten.at/…/grausamste-trainingsmethoden.vn

20 Comments

  1. Article très intéressant,pauvre Holly elle a fait tous ce qu’elle a pu pour éviter la morsure!!

  2. bravo pour cet article

  3. Article très professionnel, félicitations à son auteur. C’est comme ça que nous arriverons ( peut -etre) à faire changer les mentalités
    Michel
    conseiller comportementaliste canin

  4. Si César Millan ne montre pas les bonnes choses, j’aimerais bien voir une émissions conçu par de vrai connaisseur montrant au grand public comment éduquer leur chiens. Quelqu’un qui a passer des année sur les banc d’université à étudier des théories sur le comportement animal serait-il capable de faire la différence dans la vie des gens qui ont des problèmes avec leurs chiens et dans la vie des chiens ou sont-ils trop occuper à théoriser? Comment rendre ces information plus accessible au gens qui en ont besoin et réduire les accidents dut aux chiens aggresifs? C’est bien beau les articles scientifiques, mais combien de propriétaire de chiens est-ce que ça rejoins vraiment?

    1. Bonsoir Stéphanie.

      Bonne question, j’en parlais justement aujourd’hui sur Facebook…

      A mon avis il y a 2 raisons à ça :
      – les méthodes coercitives sont plus spectaculaires, plus télévisuelles,
      – beaucoup d’éducateurs (français) n’osent pas s’exposer dans les médias de peur d’être manipulés.

      Ce ne sont pas des raisons suffisantes et je regrette sincèrement que les éducateurs usant de méthodes adaptées ne se mouillent pas plus, car ils laissent le champs libre à ceux qui braillent le plus fort sans prendre en compte la qualité de leurs interventions. C’est une grave erreur.

      Mais il y a des progrès puisqu’on peut retrouver Nicolas Cornier dans le magazine 30 millions d’amis, et Kimberley Johnson dans « Santé&Bien-être » et maintenant dans l’émission 30 millions d’amis.

      Je précise quand même que ce n’est pas le cas aux USA, grâce notamment aux positions prises par les associations d’éducateurs canins et de comportementalistes :
      http://adcanes.fr/position-de-lafsab-sur-la-dominance/
      http://adcanes.fr/position-de-la-ppg-sur-la-dominance/
      http://adcanes.fr/position-de-lapdt-sur-la-dominance/

      Nous avons quelques années de retard en France… Mais nous progressons 🙂

      A propos de la transposition du savoir théorique à la pratique, c’était notre choix de ne pas le faire sur ce blog, déjà parce que d’autres sites le font déjà très bien. Mais après quelques réflexions sur ce propos de la part de quelques lecteurs, nous allons modifier notre façon d’aborder les sujets. En espérant que nos articles seront plus « pragmatiques ».

      Cordialement.

  5. Merci pour votre réponse,
    Il est vrai que le sensatinnalisme pèse fort dans la balance lorsqu’il s’agit de show télévisé. Je trouve ça malheureux.

  6. Cet article est très intéressant et a l’avantage de faire réfléchir dans un sens. Mais quand je dis réfléchir, ce n’est pas forcément dans le sens de l’auteur. Beaucoup de choses m’ont parues logiques mais cet article témoigne surtout que finalement personne ne sait vraiment tout ou vraiment rien. Au final, je pense qu’il y a du bon et du mauvais de chaque coté. Après tout, tout n’est jamais totalement noir ou totalement blanc, la vie est faite surtout de gris aux intensités diverses.
    Là où je veux en venir… Je veux bien croire en effet que les morsures ont augmenté à cause de Millan. Les gens pensent qu’il suffit de regarder un show à la TV pour devenir de super dresseurs. Je ne dis pas non plus que Millan est LE super dresseur. D’ailleurs, je ne peux pas juger, je ne suis pas connaisseuse.
    Mais ce que je constate, c’est que, de manière générale, on est de plus en plus pour la « manière ultra douce », le « contre la fessée »,… cela même pour l’éducation de nos enfants. Bientôt, on aura même plus le droit de gronder nos enfants… Or, je constate que cette société « du pacifisme » crée des enfants rois, les jeunes sont infantilisés et de moins en moins débrouillards. Attention, je ne suis pas pour battre les enfants ou les brimer, etc… loin de là… J’ai un petite garçon de 2 ans et je ne le frappe pas, c’est un enfant heureux, que j’adore et qui m’adore. Mais justement, il n’y a pas LA méthode miracle, la panacée n’existe pas.
    En ce qui concerne l’exemple de Holly, je ne dis pas que la méthode de Millan est la bonne. Je ne sais pas. Mais ce qui me choque, c’est que, dans l’article, l’auteur défende le chien en écrivant qu’il a donné plusieurs avertissements, que c’est la faute à Millan, que Milan a donné un coup douloureux parce qu’on ne peut pas reproduire les dents d’un chien,… Alors là, c’est la meilleure!!!! Alors quoi? On laisse que le chien réagisse de la sorte quand on s’approche de lui lorsqu’il mange? Alors, si un jeune enfant passe par là, essaie de lui retirer sa gamelle et que le chien le défigure à vie d’une morsure, on dira aux parents que c’est la faute de l’enfant et que le chien l’avait prévenu qu’il voulait qu’il s’éloigne? L’auteur critique Millan mais ne donne pas de solution en contre-exemple pour prouver que Millan n’a pas la bonne méthode. Il semble au contraire dire que le comportement du chien est normal et qu’il n’y a rien à corriger… C’est, à mon avis, bien plus scandaleux que la méthode de Millan! Ma tante connaît personnellement une voisine dont la fille a été défigurée quand elle était toute petite par son labrador parce qu’elle avait eu le malheur de marcher sur la queue du chien par accident. Au final, une petite à l’enfance gâchée, une famille malheureuse et un chien euthanasié!
    C’est le problème de beaucoup d’amis des animaux. Ils défendent tellement les animaux qu’ils en oublient les humains.
    Par ailleurs, l’auteur critique aussi le coup de Millan. A le lire, on croirait presque que Milan avait un couteau dans la main… Il écrit qu’on ne peut pas imiter les gueules et dents des chiens. Là, je suis tout-à-fait d’accord… mais, justement, j’ai du mal à croire que quelques doigts humains puissent faire aussi mal ou plus que les crocs d’un chien. Alors, si un chien donne un coup de dents, ce n’est as grave, ça ne fait pas mal, il évite le conflit… par contre, si un humain donne un petit coup du bout des doigts, ou même de la tranche de la main, ou un petit coup de talon, c’est de la violence et de la maltraitance… Où va-t-on?
    Perso, j’ai déjà regardé des émissions de Milan. Un chien, s’il a mal, il se plaint. Jamais, je n’ai entendu de chiens se plaindre lors d’un de ces « coups »… Rare sont ceux qui semblent terrorisés comme disent certains.
    Alors, je ne dis pas que j’utiliserais la méthode Millan, je dois avouer que je n’ai pas envie de prendre le risque d’une morsure mais de là à le diaboliser et à l’accuser de maltraitance aux animaux…

    1. Bonjour,

      je me garderai de parler de ce monsieur, tout a été très bien dit.
      Je ne peux par contre pas m’empêcher de réagir à vos propos.

      Madame, quand on prend un chien, on prend la décision de vivre avec un animal, pas avec un robot ou une peluche. N’est-il pas normal alors d’aménager sa vie en conséquence, et de réfléchir aux implications ? Un chien n’a t’il pas droit au respect, en tant que chien ? Est-ce qu’il a demandé à être adopté par la personne qui décide de l’introduire dans sa vie ? Qui est sensé être l’être « supérieur » ? Qui fait l’effort de comprendre qui ? La plupart du temps, les chiens font bien plus d’efforts pour nous comprendre que nous n’en faisons pour essayer de les comprendre. Nous nous contentons de nous balader au salon du chiot et de craquer pour la dernière race à la mode, sans même nous dire qu’il serait peut-être intéressant de commencer par comprendre son univers avant d’envisager de vivre avec lui. D’apprendre à décrypter son comportement, d’en apprendre un peu sur sa culture, sur son mode de fonctionnement. Et nous lui imposons des choses. Et la plupart du temps il accepte. Jusqu’au jour ou l’on tombe face à un chien qui va un peu moins accepter, qui sera un peu plus craintif, anxieux, sensible. Ou jusqu’au jour ou le chien en a marre d’accepter des choses inacceptables Et quand l’accident se produit, oh le méchant chien !

      La plupart des problèmes de comportements rencontrés à l’heure actuelle, sont principalement dus au comportement que NOUS avons vis à vis du chien. Nos attitudes, nos renforcements, nos incohérences, par incompréhension du monde canin, l’anthropomorphisme, font qu’on se retrouve face à des chiens qui expriment un mal être. Et plutôt que de chercher la cause du problème, et de se remettre en question, les gens se retrouvent chez un vétérinaire « comportementaliste » qui médique l’animal. On « soigne » en occultant les symptômes. Rien n’est fait pour comprendre réellement la dynamique qui est en jeu, mais le maître est content, il retrouve une vie normale !

      Mais pire encore que la médication, des gens comme ce César Millan en font une source de profit et de gloire, en adoptant des méthodes violentes et archaïques, dépourvues de respect et d’une compréhension réelle du monde canin.

      Concernant cette histoire de « défendre la gamelle », je ne vois pas en quoi le fait que le chien défende sa gamelle est un problème. C’est un chien, il a des réactions de chien. Tout comme lorsqu’il grogne, aboie, se lèche l’anus,… Soit on réagit en conséquences et on aménage les choses pour qu’il soit isolé et qu’il ait la paix quand il mange, soit on prends le temps de travailler ça avec le chien pour réduire le risque de réaction agressive de défense des ressources alimentaires, mais en le respectant !!!

      Quoiqu’il en soit, c’est à nous de protéger les enfants du chien, tout autant que c’est à nous de protéger le chien des enfants, puisque nous avons choisi cette configuration familiale là. C’est donc notre responsabilité d’identifier les contextes potentiellement dangereux, et de ne pas les laisser se produire. J’aime mes chiens, mais JAMAIS je ne laisserai mes enfants seuls avec eux, et surtout pas quand les chiens mangent.

      Il faut vraiment arrêter de croire qu’un chien qui grogne, qui mord est un chien méchant, « à problème ». Si on ne le respecte pas (en tant que chien j’entends), n’a t’il pas le droit de l’exprimer ? Et si on ne l’écoute pas quand il communique, qu’il prévient, si on ne le comprends pas, et qu’il se retrouve opprimé, brimé (toujours en raisonnant en tant que chien), n a t’il pas le droit aussi de l’exprimer, et de se défendre ? Mais non, alors l’humain sort le Doléthal®, parce que le chien a eu le malheur d’être un chien, et que lui voulait une peluche animée avec un bouton ON/OFF.

      La morsure d’Holly est tout a fait logique. Si ce monsieur avait eu un minimum de compétences en terme de compréhension de la culture canine, il aurait arrêté de menacer la chienne au premier signal d’apaisement. Le jour ou un policier vous demande de vous « soumettre » en vous pointant un revolver sur la tête, que vous lui montrez votre bonne foi, et qu’il continue de vous menacer violemment, encore, et encore, et encore, et que par tous les moyens, vous montrez encore votre bonne foi, quel sera votre sentiment vis à vis de cette personne ? Et encore, en tant qu’humain, on arrive à raisonner et à comprendre, ce que les chiens ne peuvent pas faire. Un chien qui exprime un signal d’apaisement parle avec nous : « ok j’ai compris le message… cool maintenant… », si on ne l’écoute pas, et qu’on continue de l’agresser, peut-on vraiment s’étonner qu’il finisse par ne plus savoir quoi faire, qu’il agisse en conséquence, et éventuellement qu’il se défende contre ce qu’il ne comprend pas ?

      Arrêtons de vouloir asservir nos amis les chiens selon nos caprices, essayons de vivre en harmonie avec eux, dans un réel respect de leur être ! Ou alors simplement, ne choisissons pas de partager notre vie avec eux, cela vaudra mieux pour tout le monde !

  7. Autre chose que je souhaite préciser concernant cette vidéo. Il est très facile de critiquer quand on ne met que 3 min de la vidéo. On montre le morceau qui nous intéresse, on sort tout de son contexte et on informe pas du reste… J’ai retrouvé l’émission complète afin de me faire une meilleure opinion. Il s’avère que les maîtres ont déjà été mordus plusieurs fois et qu’ils ont fait appel à non pas 1 mais 3 dresseurs différents et ça n’a jamais rien donné. Il donnent même comme exemple que le 2ème dresseur a conseillé de mettre les aliments directement parterre mais nada! La peur des maîtres, c’est qu’ils ont un petit garçon de 18 mois et ils ont peur qu’un jour le chien attaque le petit par ex parce qu’il aura de la nourriture en main. Au final, le chien ne restera pas avec ses maîtres car il ne faut pas prendre de risques mais Milan réussit là où les autres ont échoué… Alors, peut-être qu’il n’est pas si mauvais et charlatan pour autant.

    1. Bonjour Cari.

      Quand on n’est pas sensibilisé aux bases du comportement canin on peut se faire avoir par le spectacle de Cesar Millan. Les chiens sont agressifs, la musique est insoutenable et Cesar Millan semble se battre tel un demi-dieu face à un Titan. Mais tout ça est faux, je ne connais pas d’éducateur qui s’amuse à gérer un chien de cette façon.

      Pour revenir à votre premier argument, il existe des nuances entre les méthodes agressives de Cesar Millan et la théorie de l' »enfant roi »… On peut être ferme sans utiliser la force, comme pour nos enfants. Le comportement du chien est motivé par 2 choses : éviter quelque chose de désagréable ou recevoir quelque chose d’agréable. A vous de choisir quel type de rapport vous souhaitez avoir avec votre chien : compétitif ou amical. Si vous envisagez la première option il va falloir apprendre à mordre et à manger dans la gamelle de votre chien.

      Dans la majorité des cas, la garde de la gamelle est un problème de comportement créé par les propriétaires. On dit souvent de ne pas embêter le chien en train de manger mais c’est un tord, car en le laissant dans son coin on donne de l’importance à cette gamelle que le chien apprendra à défendre, car un chien ne sait pas qu’on ne veut pas lui voler. Les propriétaires aurait du apprendre au chien à partager sans perdre et à banaliser la valeur de la gamelle. Il existe des exercices simples comme donner les croquettes de son chien à la main, lui prendre sa gamelle pour lui redonner avec un bout de saucisse en plus, etc… On apprend ça à un chiot mais le partage de ressource est souvent rattrapable à n’importe quel âge. Nous n’avons pas besoin d’être en conflit avec son chien, mais juste lui apprendre le partage.

      Au sujet de Holly, Cesar Millan provoque le chien en nous faisant croire que le chien nous voit comme des concurrents… Il faut arrêter de prendre le chien (et son propriétaire) pour un con. Comment peut on être en concurrence avec une autre espèce alors que NOUS lui donnons à manger et surtout que nous ne partageons pas les même ressources… Mangez vous les croquettes de votre chien dans sa gamelle ? Vous lui piquez aussi ses femelles ? Si oui, la méthode de Cesar Millan est adaptée à votre situation, sinon préférez apprendre à votre chien le partage de ressource et à diminuer la valeur de sa gamelle plutôt que de vous battre inutilement avec lui.

      Pour la vidéo, je cite des dizaines de vidéos dont certaines reprends des dizaines de scènes… Je cite également de multiples articles d’experts en comportement canin. Nous ne parlons donc pas d’UN article, mais de plusieurs dizaines de sources !
      http://adcanes.fr/non-a-super-cesar/
      http://adcanes.fr/bien-choisir-son-educateur/
      http://adcanes.fr/methodes-coercitives-et-agressions/

      Ses méthodes sont également considérées comme de la maltraitance animale et punies comme telle dans plusieurs pays. Il n’y a AUCUNE raison de frapper un chien, aucune. Je vous invite à lire les articles que j’ai cité ci-dessus pour en savoir plus.

      Dans tous les cas je vous remercie d’avoir argumenté votre point de vue, ça change des remarques de 2 lignes qui ne laissent aucune place au dialogue. Cordialement.

  8. Bonjour Stéphane,

    Vous êtes-vous au moins donné la peine de regarder la totalité de l’émission?
    Si non, voici le lien :
    http://www.youtube.com/watch?v=tpPNhjD7Mg4

    Millan n’a jamais agi « agressivement » en premier. A chaque fois, il dépose la gamelle tranquillement, on l’entend même dire « Good girl » (oui, ça, c’est de la provoc!), la laisse commencer à manger et ensuite tente de lui retirer sa gamelle. Elle attaque et c’est seulement là qu’il lui donne un coup dans le coup. Bref, il n’a agi « violemment » qu’en réaction à l’agressivité du chien et pas l’inverse.

    Où est le problème? Il faudrait qu’il se laisse mordre? qu’il laisse l’animal prendre le dessus? Désolée, j’ai beau adorer les animaux, j’ai tenté (en vain malheureusement) de devenir végétarienne, j’ai un ordre permanent en faveur de Gaia, je ne mange plus de foie gras depuis plusieurs années, je suis anti-fourrure, je ne mange plus de cuisses de grenouille,… mais, perso, si un chien se montre agressif envers moi et tente de me mordre ou me mords, je ne vais pas me laisser faire, je vais tenter de me défendre. Et ce n’est pas de la maltraitance, c’est de la défense.

    Où est la provocation alors? Dans son regard autoritaire? Elle n’a pas besoin de ça pour être agressive, elle l’était bien avant son arrivée et c’est pour cela que ses maîtres ont fait appel à Millan. Dans l’émission complète, les maîtres expliquent qu’elle est adorable mais se transforme en animal féroce dès qu’elle mange. S’il fallait sciemment la provoquer pour qu’elle soit agressive, ce serait une réaction normale et ils n’auraient pas besoin d’un dresseur.

    Par ailleurs, tous ceux qui critiquent César Millan en se basant sur cette vidéo prétendent que César Millan essaie de dresser le chien dans cette séquence. Or, c’est faux. Il n’est pas dans l’étape de dressage, il teste le chien. Ce que ces 3 min ne montrent pas, c’est que Millan accueille Holly dans son centre et c’est là qu’il s’occupe de son dressage.
    Voici la vidéo où il explique sa méthode et où on voit Holly d’ailleurs :
    http://www.youtube.com/watch?v=yXE-fwI0SWU

    On est bien d’accord sur un point : si le chien en est arrivé là, c’est bien à cause des maîtres. Mais vous n’apportez pas de vraie solution pour le cas de Holly. Vous apportez un conseil applicable à un chiot (ça, c’est facile…) mais, pour Holly, vous écrivez qu’il faut lui apprendre le partage des ressources mais sans dire comment. Vous n’avez d’ailleurs pas réagi sur le fait que les maîtres avaient fait appel à 3 dresseurs avant Millan…

    Tous les liens que vous indiquez dans vos articles sont des articles de personnes clairement anti-César mais qui basent leur critiques sur quelques photos et des bribes de vidéos, à se demander si un seul a déjà regardé plusieurs émissions de Millan ou ne serait-ce qu’une seule en entier. Ils font comme les journalistes : de la manipulation en montrant que ce qu’ils veulent bien montrer, en sortant une photo ou un morceau de vidéo de son contexte…

    Mais, moi, j’en ai regardé plusieurs, du début à la fin, et, en général, il pratique le plus souvent des méthodes par la récompense mais ça, bizarrement, aucun anti-César, y compris vous, ne montre ces vidéos… La plupart du temps, il explique que le problème est dû au comportement du maître. Le maître doit avoir confiance en lui, être calme, marcher avec les épaules droites, affectueux mais autoritaire, il doit se comporter en leader, récompenser que lorsque le chien le mérite et ne doit pas avoir un amour inconditionnel au point de devenir permissif. Il préconise le calme et l’énergie positive, l’exercice, la discipline et l’affection, la discipline avec une structure et des règles et pas forcément de punitions. Bref, le plus souvent, il règle le problème en expliquant au maître le comportement à avoir, sans aucune violence ou comportement de provocation, bref tout le contraire de ce que vous tentez de faire croire. Il cherche d’abord à connaître la raison du comportement et choisit alors la technique à utiliser. Il dit ne jamais blesser les chiens mais il avoue utiliser des techniques plus controversées (colliers étrangleurs) avec des chiens agressifs avec lesquels les techniques douces ne marchent pas.

    Une chose qui est claire, c’est que Millan est partisan de la théorie de la hiérarchie et de la dominance chez le chien. Ne pas être en faveur de cette théorie et de ses techniques est une chose, chacun son opinion. Vos arguments sont basés sur des avis de professionnels mais dans les milieux professionnels et parmi les experts, dans tous les domaines, il y en a toujours qui ont un avis et d’autres qui ont un avis opposé. Qui a tord? Qui a raison? Tout le monde et personne. Et toute découverte scientifique est juste tant qu’une nouvelle découverte ne prouve pas le contraire. L’étude de la psychologie et du comportement, que ce soit pour les humains ou pour les animaux, n’est pas une science exacte.

    D’ailleurs quand vous écrivez « Le comportement du chien est motivé par 2 choses : éviter quelque chose de désagréable ou recevoir quelque chose d’agréable. ». Je lis aussi dans un de vos liens « Harron ajoute, « les études sur l’agression canine des dix dernières années ont montré que l’agressivité canine… sont plus souvent le résultat d’une peur (légitime défense) ou de problèmes sous-jacents d’anxiété… ». Quand un chien tue un bébé de 2 mois, c’est pour quelle raison? éviter quelque chose de désagréable? recevoir quelque chose d’agréable? légitime défense?… Quelque chose me dit qu’avec ce type de chien, la gentille méthode de la récompense ne va pas servir à grand chose…

    Je ne suis pas forcément en faveur de toutes les techniques de Millan (je n’aime pas les colliers étrangleurs) mais ce qui m’énerve, c’est qu’on le diabolise prétendant qu’il n’utilise que l’intimidation, la violence et la punition, ce qui est totalement faux!

    Il faut avoir un esprit critique dans les 2 sens. Il ne faut pas vénérer Millan mais pas le diaboliser. Il ne faut pas se contenter de lire les articles élogieux mais pas non plus les articles « anti ». Il faut lire les 2, essayer de trouver ce que les uns et les autres ne disent pas ou transforment, afin de se faire un opinion objective et ne pas se laisser manipuler.

    C’est avec plaisir que j’argumente et tente de nourrir un dialogue. Avoir une opinion, c’est bien, l’argumenter, c’est mieux. Cordialement.

  9. Et pour finir, voici la preuve ultime que César Millan n’est pas le monstre décrit par les anti-César :
    http://www.dogstardaily.com/blogs/my-contribution-cesar-millans-new-book

    1. Bonjour Cari, vous me proposez un monologue ou vous faites vos propres questions/réponses…

      Dans la vidéo Cesar Millan provoque l’agression et répond par une autre agression, c’est à dire que le chien l’assimile maintenant comme son adversaire… C’est comme ça que vous imaginez votre relation avec un chien ? Dans l’adversité et la confrontation ? Bravo… De plus on ne répond pas à une agression par une autre agression car vous êtes certain de perdre, je pense que cette vidéo en est l’illustration parfaite (aïe la main).

      Je vous ai déjà dit qu’on pouvait régler ce problème amicalement sans la moindre confrontation. J’ai avancé quelques pistes qui ne concernent pas que les chiots (comme je l’avais précisé), mais il existe beaucoup d’autres façons de régler ce problème sans faire de cinéma. Si Cesar Millan provoque le comportement c’est uniquement pour la télévision, mais ça n’impressionne pas les professionnels du chien.

      Vous présumez qu’on se base sur une seule vidéo pour critiquer… Nous sommes abonnés au câble et nous avons vu tous les épisodes de « Super Cesar » sur Nat Geo Wild, d’où ce courrier :
      http://adcanes.fr/non-a-super-cesar/

      Sans parler de toutes les vidéos qui tournent sur le net :
      http://www.youtube.com/watch?v=9ihXq_WwiWM
      https://www.youtube.com/watch?v=Udxa1LRPo_k
      http://www.youtube.com/watch?v=AXJ6ETpnL30
      http://www.youtube.com/watch?v=lilctYKtr9k
      http://www.youtube.com/watch?v=yGuuQO54hPo
      http://www.youtube.com/watch?v=GptupfqLYwc
      https://www.youtube.com/watch?v=IjLDQmgYd-s

      Et tous les articles d’experts en comportement canin !
      http://adcanes.fr/non-a-super-cesar/
      http://adcanes.fr/bien-choisir-son-educateur/

      Tous les épisodes que j’ai vu et toutes les vidéos que je vois sur cette page contiennent des méthodes coercitives qui sont assimilés à de la maltraitance animale. C’est d’ailleurs de cette façon que les méthodes de Cesar Millan sont définies par certains pays européens, comme en Suède et en Autriche, et punies.

      Tout le reste n’est que votre avis personnel et un avis personnel ne se discute pas.Cet article suffit à expliquer pourquoi certaines personnes se font avoir par ce produit marketing.

      Pour l’article de Ian Dunbar, j’avais déjà entendu que Cesar Millan avait légèrement retourné sa veste. Mais d’après une formatrice Québécoise ce ne serait qu’une façade pour apaiser les critiques… Je ne sais pas si c’est vrai ou pas.

      1. Bonjour,

        Que pensez-vous des chiens que Millan possède et qu’il a donc, pour la majorité d’entre eux, lui-même éduqué ?
        J’ai vu différentes vidéos de Millan : Tout n’est pas à critiquer, il semble parfois entretenir une véritable proximité avec des chiens à peine rencontrés (je pense au chien type pitt-bull d’une sans-abris… Ou encore cette épisode où il s’occupe d’un rottweiler relativement agressif et qui finalement sera adopté par son fils…)

        Il est dit ci-dessus que Millan provoque l’agression et répond par une autre agression devenant ainsi l’adversaire du chien… Je suis d’accord mais j’ai toutefois une petite question à ce sujet : est-ce que le chien considère comme son adversaire celui qui passe à proximité de la gamelle ? Soit oui et dans ce cas Millan était un adversaire avant même de donner un coup, soit non et alors là il faudrait distinguer les différentes catégories de menaces telles qu’elles peuvent être perçues par l’animal (le fils qui s’approche du chien au mauvais moment, Millan et ses méthodes musclées…)

        Qu’entendez-vous par le fait que le chien donne de la valeur à sa gamelle ? Ce même chien, j’imagine donne de la valeur à son jouet préféré mais n’ira pas mordre la main ou le bâton qui s’en approche. Peut-être que ce n’est pas l’unique fait d’attribuer de la valeur à quelque chose qui rend le chien agressif (et donc autre chose s’ajouterait à ce lien particulier avec la nourriture…) ou sinon peut-être que le terme « attribuer de la valeur » demande à être enrichi par d’autres terme traduisant plus finement le rapport qu’entretient le chien aux choses appréciées ou convoitées… ?

        Je vous remercie

        1. Bonjour Daniel,

          Je n’ai pas d’avis sur le comportement de ses propres chiens puisque je ne les connais pas.

          Est ce que le chien nous considère comme adversaire si on passe à proximité de sa gamelle ? Normalement non, mais si nous avons donné de l’importance à cette ressource (la gamelle) il est certain que le chien fera ce qu’il faut pour la garder.

          A la base, l’humain n’est pas un concurrent du chien puisque nous ne partageons pas les mêmes ressources, à moins de dormir dans sa couche, de manger ses croquettes dans sa gamelle et de chevaucher les chiennes qu’il a en vue. J’espère que ce n’est pas le cas 🙂

          Maintenant le chien peut donner plus d’importance qu’il ne faut à une ressource, comme la gamelle, et de la garder de peur qu’on lui vole. Les causes sont nombreuses, mais cela peut arriver en isolant simplement notre chien pendant les repas depuis tout petit. Dans ce cas il suffit d’habituer le chien à notre présence pendant les repas et de lui apprendre en plusieurs étapes que nous ne voulons pas lui voler sa ressource et que nous pouvons même apporter un plus à cette ressource (appétence).

          Dans tous les cas, si vous pensez que la relation que nous partageons avec nos chiens doit être conflictuel, vous allez droit au mur. Dans une relation harmonieuse il n’y a ni gagnant, ni perdant 🙂

          Cordialement.

    2. J’ai relu l’article et il est vraiment très bien documenté… Vous pouvez ne pas être d’accord mais je ne peux pas faire grand chose pour vous.
      Si ça ne suffit pas, j’en suis bien désolé.

  10. Bonjour,

    Il est quand même dommage que César Milan ait encore des fans et des défenseurs alors qu’il n’est plus à prouver qu’il maltraite les chiens…

    Les personnes qui le soutiennent devraient se documenter sur les signaux d’apaisement et la psychologie canine et ensuite seulement, regarder a nouveau les vidéos, elles se rendront compte que cet homme n’est pas un « super héros ».

    Il est dommage aussi d’avoir un chien et de ne pas, justement, connaitre la psychologie canine, parce que quand on la connait, on sait qu’un chien ne mord pas gratuitement et sans raison, et que si il le fait, c’est qu’il à épuiser toutes les possibilités de communication (signaux d’apaisement, fuite, grognements etc… Un chien ne mord que quand il n’a plus le choix, donc répondre à ça par de la défense, c’est un cercle qui ne se finira jamais.

    Je pense que tout le monde devrait prendre des cours sur le fonctionnement des chiens et passer un test avant de pouvoir avoir un chien, ça éviterait bien des soucis (éducation mal faite, incompréhension du chien, agressivité, puis abandon, euthanasie etc…)

  11. Je précise que Cesar Millan a encore frappé dans sa dernière émission de « Cesar 911 » où, après avoir utilisé son fameux coups de talon, a équipé un chien d’un collier électrique. Le pauvre chien qui était « agressif » avec ses congénères a été placé en immersion dans un enclos fermé et équipé d’un collier électrique. Ce qui devait arriver arriva et le chien s’est alors pris un énorme choc électrique qui l’a totalement traumatisé, le pauvre chien était tétanisé après cette expérience et a été remis en immersion…

    La vidéo est uniquement visible aux USA, désolé :
    https://www.youtube.com/watch?v=fDlPnNQYiiI

    Non, on ne peut vraiment plus accepter ça au 21è siècle.

  12. Bonjour,

    Stephan, vous dites qu’il faut justement que l’animal mange dans un lieu de passage ou avec de la présence… Cependant, c’ est aussi souvent la cause de ces comportements. Le passage à proximité peut être anxiogène. Le chien peut devenir glouton et ou protecteur… ou simplement avoir les oreilles en arrière toute sa vie lors de son repas sans que personne s’en rende compte 🙁
    Perso, je pense qu’il est préférable d’appendre à tous les chiens le partage mais les laisser manger au calme par la suite.

    Et pour info, comme le dit Stephane, si le chien comprends que quand on lui enleve la gamelle il y a quelque chose de positif qui arrive, il n’a pas de raison de réitérer ce comportement, évidemment il faut du temps 😉
    exercice: on a la gamelle dans les mains, on l’approche légèrement du chien, dès qu’on l’enlève on donne une friandise plus intéressante au chien. et ainsi de suite…le chien comprendra qu’il à tout intérêt à bien réagir, et que, quand on enlève, ça revient toujours.
    J’ai largement grossi la chose, pour répondre à Cari, des solutions possibles…

    millan est un maltraiteur qui occulte sciemment les émotions des chiens. C’est de la télé réalité montée de toute pièce pour faire croire qu’il est un sauveur… Un BON compagnon humain n’est pas criblé de morsures… un jour il se fera bouffer la jugulaire et les chiens seront délivrés d’un de leur bourreau. J’ai l’impression d’être dans Game of throne! ihah!

    1. Je précise que je n’ai pas dit qu’il fallait mettre la gamelle en plein milieu d’un passage, mais qu’il ne fallait pas la mettre dans un endroit spécialement isolé. Il ne faut pas tomber dans l’excès.

      Le meilleur conseil que je pourrais donner pour régler ce problème chez le jeune chiot, c’est de bannir la gamelle et de donner la nourriture à la main. Ce sera l’occasion pour commencer gentiment l’éducation du chien en utilisant le contenu de la gamelle comme récompense.

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